Partager l'article ! Qui a peur du grand gentil loup ?: Il était une fois trois petits moutons qui vivaient avec leur maman dans une petite bergerie. Un j ...
Il était une fois trois petits moutons qui vivaient avec leur maman dans une petite bergerie. Un jour, la maman appela ses trois
fistons et leur dit qu'elle ne pouvait plus les élever parce qu'elle était psychologiquement trop fragile.
« Je voudrais que vous partiez d'ici et construisiez votre bergerie, dit-elle, mais prenez garde qu'elle soit aussi fragile que moi pour que le grand gentil loup puisse entrer et vous
aimer. »
La maman embrassa ses trois petits moutons et leur dit au revoir les larmes aux yeux. Ils s'en allèrent de chez eux construire
leurs bergeries.
Le premier petit mouton rencontra un homme marchant sur la tête [1, note 6], portant des bottes pleines de paille [2]. On n’est jamais assez prudent : il peut pleuvoir [3, APR note 3]. « Puis-je avoir un peu de paille pour construire ma bergerie ? » demanda le petit mouton. Et l'homme lui donna de la paille. Un peu plus ou un peu moins : elle ne le gênait pas beaucoup pour marcher.
Le second petit mouton avait rencontré un homme qui portait un chargement de poutres [4]. « Puis-je avoir quelques bouts de poutres pour construire ma bergerie ? » demanda le petit mouton. Et l'homme y consentit bien volontiers, si prévenant à son égard qu’il s’enquit de lui retirer la paille qu’il lui trouva dans l’œil. Une conjonctivite est si vite arrivée…

Le troisième petit mouton, lui, avait rencontré un homme chargé de briques [5, APR note 6]. « S'il vous plaît, Monsieur, lui demanda-t-il très poliment, puis-je avoir quelques briques pour construire ma bergerie ? » L'homme lui donna assez de briques pour bâtir une grande et solide bergerie avec une cheminée près de laquelle on pouvait s'asseoir.
Les trois petits moutons rentraient joyeusement chez eux quand le loup les aperçut. « Comme ils doivent être tendres !
Lequel vais-je aimer en premier ? [Car c’était un gentil loup : lui aussi était tendre.] Je vais commencer par le petit mouton dans la bergerie de paille ! » ll frappa à
la porte.
« Petit mouton, malade petit mouton [Car
c’était aussi un loup docteur] , je peux venir te soigner ?
- Non, Non ! Par mes poils de mouton ! Je vais très bien.
- Alors, je vais souffler sur ta souffrance et ta bergerie s'envolera ! »
Le loup gonfla ses joues, ordonna [6], assigna [7] de toutes ses forces, afin que la bergerie de paille
s'envole.
« Au secours ! cria le premier petit
mouton en courant vers la bergerie de poutres de son frère. À peine celui-ci eut-il refermé la porte que le loup frappa.
« Petits moutons, malades petits moutons, je peux vous soigner ?
- Non, non ! Par nos poils de mouton ! répondirent les deux frères.
- Alors, je vais sommer, sommer, et votre bergerie s'envolera ! »
Le loup se gonfla les joues, somma, somma [8] de toutes ses forces, afin que la bergerie de poutres s'envole. Puis assommé
par tant de sommations, le gentil loup fit un somme. « Au secours ! crièrent les deux petits moutons en courant aussi vite que possible vers la bergerie de briques de leur
frère.
- Ici, vous ne risquez rien ! leur
dit-il.
Mais bientôt, la voix du loup résonna de nouveau : son sommeil fut réparateur !
« Petits moutons, malades petits moutons, je peux vous soigner ?
- Non, non ! Par nos poils de mouton !
- Alors, vous allez voir, hurla le loup, je
vais souffler sur votre bergerie, et je vais la reconstruire [9] à ma façon ! » Il prit alors sa
plus profonde respiration et souffla comme un fou. (les fréquentant couramment, il savait comment s’y prendre…) Mais cette fois encore, il ne réussit pas à mettre la bergerie par terre. Il se
cogna la tête contre les murs et se blessa. Puis il s'enfuit dans la forêt, hurlant de douleur : au moins était-il à l’abri de toute suspicion de déni de souffrance [10, notes
9] ! Cela le rendit fou furieux, et attestait de sa dangerosité. Heureusement pour lui, il était du bon côté de la barrière ! Mais il restait néanmoins furieux d’être du mauvais côté
du mur des petits moutons. « Il faut absolument que je soigne ces moutons », se disait-il.
Quelques jours plus tard, les petits moutons virent le loup arriver avec les pompiers et leur grande échelle. Les soldats du feu se sont laissé convaincre de la présence d’un grave foyer d’infection au sein de la bergerie, menaçant de s’étendre à la forêt entière s’ils ne faisaient rien pour le circonscrire. Ils font confiance au gentil loup pour les aider à éteindre cet incendie sans flammes : lui voit ce qu’ils ne voient pas [11, APR note 25]. « J'aurais dû y penser plus tôt ! » se dit le loup en faisant positionner l’échelle contre le mur de la bergerie pour atteindre la cheminée. Pendant ce temps, le troisième petit mouton, qui était très rusé, alluma un grand feu dans la cheminée et y posa un chaudron rempli d'eau et de grenouilles [12]. Quand le loup descendit dans la cheminée, il tomba tout droit dedans. Il poussa un tel hurlement qu'on l’entendit à des kilomètres à la ronde. Il repartit comme il était venu : par la cheminée. On n'entendit plus jamais parler de lui… sauf dans la nuit du vingt-quatre au vingt-cinq décembre : encore faut-il y croire !
Et
à l'intention des mal-voyants ou des mal-lisants
(mais pas des mal-entendants)
Lundi 26 mars 2012
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Coms. en terre (et dans le ciel, si bien arrosés)